Dans un département d'habitat groupé et aux paysages souvent attractifs, l'insertion paysagère et architecturale des bâtiments est un argument de plus en plus fréquemment mis en avant pour éviter la dégradation du cadre de vie rural. En délocalisant ses bâtiments d'exploitation du village, l'agriculteur réfléchit au fonctionnement interne de son bâtiment. Il faut aussi prendre en compte dans la réflexion les aménagements des espaces extérieurs nécessaires au bon fonctionnement du bâtiment (et des futurs), à la mise en place d'un cadre de vie agréable et accueillant. Compte tenu de la diversité des villages et des paysages ruraux, il n'existe pas de modèle type d'insertion paysagère, mais de grands principes qui doivent être pris en compte par les constructeurs.

Avant de construire ou de transférer un bâtiment d'élevage, il faut s'interroger sur son impact dans le paysage. Pour cela, il faut :
Le bâtiment doit être adapté à sa fonction. Pour favoriser son intégration, il conviendra de :
concentrer les efforts sur une ou deux façades stratégiques (vue de la route ou du village),
rechercher un bon équilibre, bardage-maçonnerie, vide-plein (choisir si possible des façades semi-ouvertes),
éviter les couleurs claires ou brillantes, privilégier les teintes sombres, pastels ou couleur terre, adaptées aux cultures et milieux environnants,
éviter les collages de matériaux différents et le bariolage de couleurs,
essayer autant que possible d'utiliser le même matériau ou la même couleur sur l'ensemble de l'exploitation,
privilégier le bardage en bois.
Si pour les nouveaux bâtiments la végétalisation est à utiliser en complément des autres moyens d'intégration, elle reste souvent le seul mode d'intégration pour les bâtiments existants :
tenir compte de la végétation en place,
éviter les haies de conifères ou d'espèces exotiques,
privilégier les espèces autochtones et les arbres-tiges,
rétablir la couverture végétale là où elle a disparu après travaux (terrassement).
Cette approche nécessite souvent l'apport d'un regard extérieur. Il ne s'agit pas simplement d'un problème d'embellissement mais d'une réflexion sur l'évolution de l'exploitation à moyen terme, voire à long terme. Cette approche vient compléter l'approche économique du système d'exploitation indispensable pour vérifier la nécessité d'un nouveau bâtiment.